Le crépuscule

juillet 14, 2017

L’argent et les électeurs

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 5:27

“L’argent en politique est un problème majeur.” Devinez qui a dit cela ? Jon Ossof, le jeune démocrate qui vient de perdre l’élection locale la plus chère de l’histoire américaine. Plus de 26 millions de dollars ont afflué dans les caisses de sa campagne dans le 6e district de Géorgie, une tranquille banlieue d’Atlanta, que je connais bien pour avoir habité à proximité, mais que le reste du monde ignorait superbement jusqu’à ce que le Parti démocrate prenne la décision d’en faire un référendum anti-Trump. L’argent qui a afflué de tout le pays n’avait rien à voir avec les intérêts locaux. Il faut dire que le candidat lui-même n’habitait pas dans la circonscription. La candidate républicaine, qui l’a emporté avec près de 4 points d’avance, avait dépensé deux fois moins, ce qui est déjà beaucoup. Le décompte officiel des frais de campagne des deux candidats s’élève à près de 40 millions de dollars, mais le quotidien local, l’‘Atlanta Constitution’, estime qu’une fois comptés les supports annexes, la facture finale pourrait s’élever à 60 millions de dollars, tout cela pour 260 000 électeurs. “La candidate républicaine, qui l’a emporté avec près de 4 points d’avance, avait dépensé deux fois moins, ce qui est déjà beaucoup” Le 6e district de Géorgie rejoint ainsi la tendance nationale, où chaque scrutin tente de battre le record financier du précédent. Ce record est actuellement détenu par Barack Obama qui, en 2012, a recueilli 1,1 milliard de dollars pour une campagne a priori facile, le président sortant bénéficiant d’un avantage parce que, traditionnellement, son parti ne lui oppose pas d’adversaire et lui épargne ainsi les primaires. Il n’a pas réussi à dépenser ce pactole : 28 millions de dollars lui sont restés sur les bras, qui ont été reversés dans d’autres campagnes démocrates, sans succès puisque le parti a perdu les deux chambres lors des cycles suivants. C’est lors de cette élection que le cap symbolique du milliard de dollars a été franchi pour la première fois par l’un des candidats ; le républicain Mitt Romney l’a manqué, lui, à quelques millions près. Si l’on compte non pas en chiffres bruts, mais en valeurs ajustées non seulement de l’inflation mais du revenu médian et du volume de la population (qui augmente le nombre de donateurs potentiels,) Barack Obama est détenteur d’un autre record : sa campagne de 2008 a été la mieux financée de l’histoire des États-Unis. Les dépenses cumulées de tous les candidats lors de cette présidentielle de 2008 (y compris celles d’Hillary Clinton qui a perdu les primaires) dépassent les 5 milliards de dollars. “C’est son équipe d’informaticiens qui a assuré la victoire à Donald Trump, car elle a mis au point un système qui ciblait les électeurs non pas en fonction du suffrage populaire, mais en fonction du Collège Électoral” Pourquoi les campagnes électorales américaines sont-elles si chères ? Parce qu’elles arrosent un pays immense d’une propagande à grand spectacle : des meetings gigantesques, des tirs de barrage de spots télévisés qui finissent par s’annuler les uns les autres, et un véritable harcèlement des électeurs potentiels, qui sont évalués grâce à des analyses informatiques de plus en plus sophistiquées. C’est d’ailleurs la performance de son équipe d’informaticiens qui a assuré la victoire à Donald Trump, car elle a mis au point un système qui ciblait les électeurs non pas en fonction du suffrage populaire, mais en fonction du Collège Électoral. Donald Trump a remporté la présidence en dépensant près de deux fois moins que le camp adverse, 649 millions de dollars, contre 1,119 milliard pour Hillary Clinton. Cette débauche d’argent vient en grande partie d’un détournement de la loi sur le financement des campagnes électorales, des organisations que l’on appelle les PAC (Political Action Committee) et qui permettent de recueillir des contributions pour des campagnes “d’intérêt général” qui, sans être directement liées au candidat, servent à sa promotion et au dénigrement de son adversaire. “Les PAC permettent de recueillir des contributions pour des campagnes “d’intérêt général” qui, sans être directement liées au candidat, servent à sa promotion et au dénigrement de son adversaire” Le phénomène particulièrement frappant cette année est que la fin d’un cycle électoral n’a pas endigué le flot. Dès le lendemain de la victoire de Donald Trump, des organisations représentant des groupes d’intérêt menacés par le programme du nouveau président, comme Planned Parenthood pour l’avortement ou Sierra Club pour l’environnement, ont reçu un afflux de donations, d’autres sont apparues, comme “Swing-left”, qui a pour but de financer les jeunes candidats qui feraient basculer la majorité parlementaire en 2018. Le Parti démocrate lui-même a vu les contributions doubler pendant le premier trimestre de 2017. La tâche est rude car pour l’instant, l’opposition doit non seulement renverser la majorité dans les deux chambres, avec des chances ténues d’y aboutir au Sénat, mais aussi tenter de reconquérir les pouvoirs locaux : actuellement, les républicains détiennent 68 % des “législatures”, les parlements des États, et 33 des 50 postes de gouverneur. Les démocrates n’avaient pas connu une telle déroute depuis la guerre de Sécession. Malgré un financement record, ils ont perdu les 4 élections partielles qui ont eu lieu depuis que Donald Trump est devenu président. Ce qui veut dire qu’il faudra plus que de l’argent pour reconstituer une opposition parlementaire en 2018.

juillet 5, 2017

En avion à réaction

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 3:13

Cette semaine, je me suis rendu au nord de Paris pour effectuer un baptême hors du commun : un vol en avion de chasse. L’expérience mériterait à elle seule un très long billet, mais toutes mes tentatives pour décrire ce vol ont jusqu’à présent échoué. Je ne sais même pas s’il est possible de retranscrire un tel événement. Au lieu de cela, je vais donc vous parler d’un lieu que j’ai découvert sur le retour : le hameau de Marie-Antoinette, près de Versailles. Un lieu que j’ai eu la chance de visiter (il faut normalement réserver à l’avance), et qui est, à mon sens, encore plus fou que le château de Versailles, bien que cela soit dans un genre très différent. Ici, pas de galerie des glaces, de fresques grandioses, d’ors et de splendeurs. Mais une simplicité qui est cependant toute d’apparence. Autant le château est connu, autant le hameau est méconnu. Son histoire est cependant intéressante. Marie-Antoinette n’aime ni le château de Versailles, ni sa pompe et encore moins son protocole. Louis XVI, qui adore sa jeune femme et comprend son désarroi, lui offre donc le Petit Trianon, chef-d’oeuvre architectural d’Ange-Jacques Gabriel. La reine est ravie de pouvoir y vivre en « simple particulière ». À l’intérieur, tout a été exécuté sur ordre de la reine, comme la salle à manger et ses délicats motifs sculptés en forme de fruits et de fleurs, et dans la chambre, en épis de blé. Dans la salle de billard, la soie cramoisie des sièges et des tentures claque avec insolence. Le boudoir est un summum de raffinement avec ses étonnantes glaces mouvantes. Un ingénieux système permet que les boiseries ouvrent ou occultent la vue sur le jardin que Marie-Antoinette a exigé à l’anglaise. Elle y fait également creuser des grottes et dresser un temple de l’Amour. Marie-Antoinette raffole également du théâtre. Dans ce nouveau parc, Richard Mique, son architecte, lui en construit donc un, ravissant, dont le décor doré est du plus bel effet… même s’il est en papier mâché. La reine veut aussi son village avec, comme en Normandie, des maisons à toit de chaume, une laiterie, un moulin, une tour de pêcherie, une ferme, des jardins potagers et puis, pour s’amuser, un boudoir, un billard, une salle de tric-trac et une de bal. Sur les douze chaumières construites, il en reste actuellement six, dont la maison de la reine avec son escalier en colimaçon. Elles sont toujours autour du grand lac qui leur sert de miroir, au milieu d’une nature qui apporte une touche de paix supplémentaire au lieu. C’est en ce lieu que, dès 1774, Marie-Antoinette joua si bien son rôle de bergère qu’elle en oublia celui de reine. Une visite fascinante, que je vous recommande vivement, si vous vous rendez un jour du côté de Versailles. Je vous recommande également, mais dans un tout autre genre, un vol en avion de chasse. Mais vous êtes prévenu : il faut avoir le coeur solide ! A lire sur le site internet de cette activité de vol en avion de chasse. http://www.vol-avion-chasse.com/les-avions-de-chasse/vol-en-l-39-albatros/

juin 14, 2017

Quand Poutine discute avec Oliver Stone

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 4:42

Dans une interview exclusive accordée au réalisateur américain Oliver Stone, le Président russe Vladimir Poutine a abordé la situation des homosexuels en Russie et a imaginé ce qu’il ferait s’il se retrouvait sous la douche avec un homosexuel à bord d’un sous-marin… Dans un documentaire d’Oliver Stone consacré au chef de l’État russe, le cinéaste américain a soulevé la question de l’interdiction de la promotion de l’homosexualité en Russie. Afin de satisfaire sa curiosité, le cinéaste a voulu également savoir ce que Vladimir Poutine ferait s’il était sous la douche avec un homosexuel à bord d’un sous-marin. La réponse du président ne s’est pas fait attendre. « Je préférerais ne pas aller avec lui sous la douche. Il ne faut pas le provoquer. Vous savez, je suis maître de judo », a indiqué le président, ajoutant une touche d’humour à ce sujet. En outre, Vladimir Poutine a précisé qu’« en réalité, il n’y a pas de répressions, en aucun cas ». Oliver Stone avait annoncé en novembre 2014 vouloir faire un film sur Poutine et l’interviewer. Cette série d’interview a été réalisée sur deux ans, incluant des épisodes récents avec des questions concernant Donald Trump. Le documentaire d’Oliver Stone «The Putin Interviews» sera divisé en quatre épisodes et diffusé du 12 au 15 juin sur la chaîne câblée américaine Showtime qui appartient à l’un des plus grands groupes médiatiques américains, CBS.

mai 9, 2017

Lacrise européenne

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 1:40

L’Union européenne est d’autant plus durement frappée par la crise globale qu’elle n’y a répondu qu’avec retard, partiellement et souvent à reculons, ce qui a toutes les chances d’aggraver et de prolonger ses effets. En témoigne l’étonnant chassé-croisé des conjonctures économiques des deux côtés de l’Atlantique au cours de l’année 2008. Les Etats-Unis, partis de plus bas que l’UE et la zone 110 Eloi Laurent euro au premier trimestre de l’année en termes de croissance du PIB, enregistrent à la fin 2008 un excédent de croissance cumulée d’un point de pourcentage sur elles, la moitié de cet écart se creusant dans les trois derniers mois. Les prévisions pour 2009, du FMI comme de la Commission européenne, prolongent cette tendance : les EtatsUnis, faisant feu de tout bois, seront plus dynamiques que l’Union européenne et la zone euro. La thèse avancée ici pour expliquer cet écart est que la crise a frappé une zone économique paralysée par une culture économique davantage disciplinaire que coopérative dont les réflexes de gestion commune sont dès lors mal assurés. Le handicap que cette culture économique disciplinaire constitue ne s’illustre d’ailleurs pas seulement dans la réponse incertaine et décevante des Européens à la crise jusqu’ici, mais, plus largement, dans un bilan économique peu flatteur depuis les débuts de la convergence monétaire dans la première moitié des années 1990. Autrement dit, des indices existaient de ce que l’Europe économique manquait de bonnes institutions, et que ce manque était un handicap, y compris par « beau temps ». Ce bilan peut être établi en se concentrant sur la zone euro, cœur de l’Europe économique. Dans un rapport dont le contenu a été insuffisamment débattu, la Commission européenne s’est ainsi essayée en mars 2008 à tirer un premier bilan des dix ans de l’euro. L’exercice se révèle cruel. En bref, depuis 1999, les pays de l’UE 15 qui ont décidé de s’en tenir à l’écart peuvent se prévaloir d’indicateurs nominaux (taux d’intérêt, d’inflation et finances publiques), soit équivalents soit meilleurs que les pays qui partagent la monnaie unique. Mais leurs performances réelles, celles qui importent vraiment (niveaux de vie, productivité du travail, chômage), sont nettement supérieures.

mai 6, 2017

Un siège dans les nuages

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 2:19

Il y a peu, j’ai tenté une expérience pas comme les autres : un vol en parapente près de Chamonix dans les Alpes. Ce ne me tentait pas plus que ça, pourtant : l’idée de me retrouver suspendu dans les airs, bien loin du sol, au bout de ficelles associées à une voile très fragile, n’était pas vraiment de nature à me rassurer. Malgré tout, je ne suis pas quelqu’un de cohérent, et je me suis rangé à l’avis de mon épouse. Et en fin de compte, j’ai adoré la promenade ! Certaines fois, c’est un avantage, d’être en totale incohérence avec soi-même ! Même si vous avez quelques appréhensions comme j’ai pu en avoir, vous devriez sauter le pas sans hésiter. C’est réellement fabuleux, de survoler le monde de cette façon. C’est une balade aérienne marquante, très contemplative. Ça n’a rien à voir avec la tension inhérente à un saut en parachute ; avec le parapente, il n’est pas nécessaire de sauter à 4 km d’altitude. Il n’y a même pas de saut, d’ailleurs. Là, on avance sur l’herbe, le parapente se lève, et à partir de là, on s’installe dans son harnais et on quitte le sol tel un ange : il faut simplement s’installer confortablement et admirer la vue. Et autant vous dire que cette dernière est remarquable, vue du ciel !
Au terme de ce vol, je me suis senti un peu frustré, tout de même : on ne voit pas le temps défiler, et je n’aurais pas dit non, si on m’avait proposé de recommencer dans la foulée. Je crois d’ailleurs que je m’offrirai un autre vol cet été. Histoire de ne pas rester sur une frustration. Voilà le site sur lequel j’ai trouvé mon vol à Chamonix, au fait. Et pour ceux qui sont sujet au vertige, ce n’est pas une excuse valable : on ne peut pas avoir le vertige en parapente ! Aussi, si vous vous lancez, songez à prendre des chaussures fermées, le jour J (telles que des chaussures de randonnée ou des baskets) : on ne peut voler en parapente en tongue, contrairement à ce que semblait croire un autre participant présent le même jour !Suivez le lien : https://www.tematis.com/bapteme-parapente-chamonix.html

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mars 30, 2017

Le solaire et l’éolien disruptent le marché de l’électricité

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 8:56

Presque 150 ans après leur invention, les cellules photovoltaïques et les aérogénérateurs industriels génèrent seulement 7?% de l’électricité produite dans le monde. Pourtant, quelque chose d’étonnant est en train de se passer. La production d’énergie propre, d’abord quantité négligeable il y a seulement dix ou quinze ans, progresse maintenant plus rapidement que toute autre source d’énergie, et son coût en baisse la rend enfin compétitive par rapport aux énergies fossiles. Le groupe pétrolier BP prévoit que les énergies renouvelables en arriveront à représenter la moitié des sources d’énergie au niveau mondial au cours des vingt prochaines années. Il n’est plus complètement fantaisiste de dire que le monde entre dans l’ère de l’électricité propre, illimitée et peu chère. Et il est d’ailleurs grand temps. “BP prévoit que les énergies renouvelables en arriveront à représenter la moitié des sources d’énergie au niveau mondial au cours des vingt prochaines années” Il y a cependant un problème, un problème à 20?000?milliards de dollars. L’acheminement de cette énergie nécessitera d’énormes investissements durant les prochaines décennies, pour remplacer les centrales qui vomissent du smog et pour adapter les pylônes et lignes électriques qui acheminent l’électricité jusqu’au consommateur. Habituellement, les investisseurs aiment placer leur argent dans l’électricité parce qu’elle procure des revenus stables. Mais l’énergie verte a un sale secret. Plus elle se déploie, plus le coût de l’énergie (quelle qu’elle soit) baisse. Ce qui rend difficile la gestion de la transition jusqu’à un futur à zéro émission de carbone, transition durant laquelle beaucoup de fournisseurs d’énergie (propre ou sale) doivent maintenir leur chiffre d’affaires pour que les lumières ne s’éteignent pas chez eux. À moins de réorganiser ce marché, les subventions ne feront qu’augmenter. Les responsables politiques voient déjà dans cette vérité inconfortable une raison de mettre un frein à la production d’énergie renouvelable. Dans certaines parties d’Europe ou de la Chine, les investissements dans les énergies vertes ralentissent, car les subventions baissent. La solution n’est pourtant pas dans moins d’éoliennes et moins d’énergie solaire. Il faut réfléchir au prix que le monde accorde à l’énergie propre afin d’en faire meilleur usage. Au fond, le problème est que les énergies renouvelables financées par des subventions étatiques ont été imposées à un marché conçu dans une ère différente. Durant la majeure partie du XXe?siècle, l’électricité a été produite et acheminée par des monopoles à intégration verticale contrôlés par les États. À partir des années 1980, beaucoup de ces monopoles ont été démantelés, privatisés et libéralisés pour que les forces du marché puissent déterminer où il était judicieux d’investir. Aujourd’hui, seulement 6?% des utilisateurs d’électricité se fournissent auprès de monopoles. Mais la pression pour diminuer les émissions de gaz carbonique a poussé les États à s’immiscer à nouveau dans les marchés. Ce qui produit une disruption, pour trois raisons. La première est le système de subventions en lui-même. Les deux autres sont inhérentes à la nature du soleil et du vent?: leur intermittence et leurs coûts d’exploitation extrêmement bas. Ces trois raisons permettent d’expliquer pourquoi les prix de l’énergie sont bas et pourquoi les subventions publiques provoquent une addiction chez les acteurs du marché. Tout d’abord, un torrent de subventions publiques – environ 800?milliards de dollars depuis 2008 – a faussé le marché. On en est arrivé là pour de nobles raisons?: la lutte contre le changement climatique, l’amorçage de nouvelles technologies coûteuses, parmi lesquelles les aérogénérateurs et les panneaux solaires. Mais les subventions ont frappé exactement au moment où la consommation d’électricité dans le monde développé stagnait, en raison d’une plus grande efficience de l’énergie et de la crise financière. Le résultat en a été une saturation des capacités de production d’énergie, qui a provoqué l’effondrement des revenus des fournisseurs d’énergie sur les marchés de gros, et un effet dissuasif sur les investisseurs. “La pression pour diminuer les émissions de gaz carbonique a poussé les États à s’immiscer à nouveau dans les marchés. Ce qui produit une disruption” Ensuite, les énergies “vertes” sont intermittentes. Les caprices du vent et du soleil, surtout dans les pays au climat peu clément, signifient qu’aérogénérateurs et panneaux solaires produisent de l’électricité seulement par intermittence. Pour éviter le délestage quand les énergies renouvelables s’essoufflent, le système de distribution bascule sur les centrales traditionnelles à charbon, à gaz ou nucléaire, qui prennent le relais. Mais il est difficile de les faire financer par des investisseurs privés car ces infrastructures sont à l’arrêt pendant de longues périodes. Pour que l’ampoule ne s’éteigne pas, elles ont donc besoin de fonds publics. Tout le monde est concerné par le troisième facteur?: l’énergie renouvelable a des coûts d’exploitation négligeables ou nuls parce que le vent et le soleil sont gratuits. Dans un marché qui privilégie l’énergie disponible à court terme au coût le plus bas, le vent et le soleil “volent” de l’argent aux opérateurs plus coûteux en fonctionnement, comme les centrales à charbon, ce qui déprime les prix de l’énergie, et donc les revenus de toute la filière. Plus le taux de pénétration des énergies renouvelables augmente, plus le problème empire, surtout dans des marchés saturés. En Europe, qui a été la première à ressentir les conséquences, les fournisseurs ont encaissé une “décennie perdue” de retours sur investissements pauvres, d’actifs bloqués et de disruption des entreprises du secteur. L’an dernier, les deux plus gros fournisseurs d’électricité en Allemagne, E.ON et RWE, se sont tous deux scindés en deux. Dans les États américains riches en énergies vertes, les fournisseurs d’électricité ont du mal à trouver des investisseurs pour de nouvelles centrales. Là où il y a du vent en abondance, comme en Chine, les champs d’éoliennes sont mis au repos pour que les centrales à charbon survivent. “Là où il y a du vent en abondance, comme en Chine, les champs d’éoliennes sont mis au repos pour que les centrales à charbon survivent.” Le corollaire est une chaîne de production de l’électricité à nouveau régulée, étant donné que les investissements vont là où il y a des subventions publiques. Paradoxe?: cela signifie que plus les États soutiennent les énergies vertes, plus ils payent pour les centrales traditionnelles, pour compenser financièrement les effets de l’intermittence et la baisse de la demande. Ce sont de fait les politiques, et non les marchés, qui décident à nouveau quoi faire pour éviter le black-out, la panne générale. Ils commettent souvent des erreurs?: le soutien de l’Allemagne aux centrales à charbon a provoqué une remontée des émissions de gaz à effets de serre, malgré les énormes sommes investies dans les énergies renouvelables. Sans une approche nouvelle, la révolution de l’énergie verte va caler en chemin. Bonne nouvelle, les nouvelles technologies peuvent résoudre certains problèmes. La transformation numérique, les compteurs intelligents, les nouvelles batteries permettent aux entreprises et aux ménages de lisser leur consommation en différant les tâches à forte consommation d’électricité aux heures creuses. C’est l’une des façons d’éviter l’inconvénient d’une offre intermittente. Des centrales plus petites et modulables, faciles à installer ou déplacer, se répandent, tandis que les réseaux répartissent plus rationnellement l’énergie excédentaire. La tâche la plus importante consiste à réorganiser les marchés de l’énergie pour prendre en compte les nouveaux besoins en termes d’offre et de demande flexibles. Les tarifs devraient être adaptés aux fluctuations météorologiques. Durant les périodes de grande tension entre offre et demande, des tarifs élevés pourraient être appliqués pour diminuer les risques de délestage. Les marchés devraient aussi récompenser les volontaires qui s’engagent à utiliser moins de courant pour soulager le réseau, exactement comme ils récompensent déjà ceux qui produisent plus d’énergie. Les factures pourraient être structurées de façon à être plus ou moins élevées en fonction de ce que désire le client, s’il est prêt à payer pour avoir de l’électricité n’importe quand, un peu comme une police d’assurance.

février 23, 2017

En promenade

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 1:22

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Le secret du mouvement à l’intérieur du noyau de la Terre

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 1:20

Des scientifiques ont réussi à observer les processus en action dans le noyau de la Terre à l’aide de satellites et ont découvert les courants «réactifs» du métal fondu, qui tournent à une vitesse vertigineuse au-dessous du pôle nord. Ainsi, le mystère du mouvement à l’intérieur du noyau est désormais élucidé. Les satellites ont aidé les chercheurs à observer les processus dans le noyau de la Terre et y découvrir les courants « réactifs » du métal en fusion qui tournent à une très grande vitesse au-dessous du pôle nord de la planète. L’article publié dans la revue Nature Geoscience présente les résultats de cette recherche. Comme l’explique le scientifique Philip Livermore, de l’Université de Leeds (Royaume-Uni), les sondes Swarm envoyées par l’Agence spatiale européenne permettent aux chercheurs de prendre des clichés parfaits du noyau de la Terre. Ce dernier se présente sous la forme d’un ruban formé de fer en fusion dont le mouvement s’accélère de façon permanente, tout en tournant autour du pôle nord. Selon les estimations des scientifiques, le noyau de la Terre est formé de plusieurs parties : un noyau dur au centre et un lit de métaux liquides. Ces métaux sont en mouvement constant, générant un champ magnétique. Ce champ protège la vie sur Terre du rayonnement spatial et d’autres phénomènes dangereux. Comme il était jusque-là impossible de voir le noyau de la Terre, les particularités de ce mouvement demeuraient inconnues pour les chercheurs. Le groupe de sondes de la mission Swarm chargé d’étudier le champ magnétique de la Terre a collecté des données qui ont permis aux scientifiques de mettre à jour les flux « réactifs » directement liés à la densité du champ magnétique.

décembre 9, 2016

Colloque OCDE de Lyon sur les délocalisations

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 10:57

La délocalisation reflète en grande partie le fait que les entreprises manufacturières achètent désormais des services qu’elles-mêmes produisaient auparavant. Ainsi, elles réalisent des gains d’effi cacité et des économies sur les coûts en achetant des services liés aux technologies de l’information et des communications (TIC), et en opérant une réorganisation interne pour mieux profi ter des avantages des TIC. Des emplois manufacturiers sont reclassés dans les secteurs de services, et les qualifications demandées pour les emplois de services sont revues à la hausse. Dans ce contexte, lors de leur réunion annuelle en 2004, les ministres des pays de l’OCDE ont encouragé l’OCDE à contribuer « à dissiper les craintes que suscite ce phénomène » et les éventuels effets négatifs sur les travailleurs, les entreprises et les communautés. Cette analyse empirique plus systématique de l’impact de l’externalisation sur l’emploi, la productivité et l’innovation dans les différents secteurs et pays s’appuiera sur une étude de l’OCDE intitulée « Enhancing the Performance of the Service Economy » (Améliorer la performance de l’économie de services). Cette étude sera transmise aux ministres des pays de l’OCDE lors de leur réunion annuelle de 2005. Elle contribuera à expliquer le caractère évolutif de l’activité manufacturière et son importance stratégique pour les économies de l’OCDE. Enfi n, cette analyse permettra de créer une assise plus robuste pour les politiques visant à consolider la croissance, l’emploi et la productivité dans un contexte marqué par la montée de l’externalisation et de la mondialisation. A lire sur http://www.agenceincentive.com/destinations/incentive-france/incentive-a-lyon/

décembre 6, 2016

Une arme supersonique

Classé dans : Uncategorized — lecrepuscule @ 1:35

La Russie est en train de mettre au point une parade contre les armes hypersoniques, selon un haut responsable militaire. La Russie met au point des moyens de protection contre les armes hypersoniques, a déclaré samedi le commandant en chef des troupes de DCA de l’Armée de terre russe, le général Alexandre Leonov. “En perspective, nous ferons face à des cibles hypersoniques telles que des ogives capables de planer et des appareils aériens hypersoniques. Il s’agit d’armes qui ont un grand avenir devant elles. Un travail de mise au point de moyens de lutte contre ces armes doit être organisé, et il est déjà en cours”, a indiqué le général. Il a ajouté que les missiles intercontinentaux et les missiles de moyenne portée étaient potentiellement visés par les armes hypersoniques. L’arme hypersonique a pour mission de percer les défenses antiaériennes qui se font de plus en plus sophistiquées. Cette arme est en mesure de frapper rapidement une cible située dans n’importe quel point du globe. Les médias rapportent que la Russie a testé en avril l’appareil expérimental Yu-71, mis en orbite par un missile balistique intercontinental UR-100N (code OTAN SS-19 Stiletto). Le Yu-71 peut emporter une charge aussi bien conventionnelle que nucléaire. Capable d’atteindre 11.000 km/h, sa trajectoire est imprévisible et sa haute manœuvrabilité rend pratiquement impossible son interception par les systèmes de défense antiaérienne et antimissile.

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